
Ebola est comme un « feu de brousse », l’épidémie évolue rapidement et ne pardonne pas les manœuvres sophistiquées de promesse ou de décaissement de fonds nécessaires y compris la mobilisation sentimentale des techniciens outillés sur le terrain.
C’est au sein des communautés que l’on peut mettre rapidement fin à Ebola 17, selon Jean Kaseya d’Africa CDC, faisant ainsi écho à Jean Jacques Muyembe de l’INRB pour qui, si la communauté n’est pas engagée grâce à l’approche de Communication de risques et Engagement Communautaire, il n’y aura pas de victoire durable sur cette épidémie malgré le recours intense aux approches médicales, car la victoire repose sur une responsabilité collective et communautaire qui coupe la chaîne de propagation et éteint l’incendie.
Face à Ebola 17, les promesses de financement doivent vite se traduire en actions concrètes sur le terrain. On peut se demander, à juste titre, quels financements sont parvenus où, déjà, quand et pour quelle intervention avec quels résultats mesurables. Car tout retard signifie que des patients attendent le traitement quelque part dans un village et que l’infection se propage à grands pas.
Il a été observé, au niveau d’Africa CDC, que « L’épidémie d’Ebola en RDC n’est pas sous contrôle et que son expansion n’est pas contenue » ; véritable interpellation collective au-delà des émotions et états d’âme.
L’autorité déléguée par le gouvernement de la RDC pour diriger et coordonner la riposte à Ebola 17 doit logiquement disposer d’une vue d’ensemble complète des ressources mobilisées et de leur utilisation.
Les financements et dépenses mis en œuvre en dehors des mécanismes de coordination de la riposte ou sans information transparente sur les décaissements et les activités menées, où que ce soit, risquent d’occasionner une fragmentation opérationnelle des actions, susceptible de compromettre l’efficacité même de la réponse nationale à Ebola 17.
Les tensions et tiraillements autour des ressources sont connus chez-nous et, nous n’allons pas mâcher les mots : la transparence est essentielle pour renforcer la coordination, la redevabilité et les résultats.
Sur le terrain, dans les provinces touchées par Ebola 17, « nous continuons à être dans la phase active de l’épidémie et nous enregistrons chaque jour de nouveaux cas et de nouveaux décès, dont la majorité surviennent encore dans les communautés », a déclaré le Dr Dieudonné Mwamba, Directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP), au terme d’une mission d’évaluation en Ituri, l’épicentre de la 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola (MVE).
Les principaux moteurs de la propagation sont les mouvements de populations, particulièrement dans les zones minières où convergent des travailleurs venus de plusieurs provinces.
Souvent, dès l’apparition des premiers symptômes d’Ebola, qui sont confondus avec les signes du paludisme ou de la fièvre typhoïde, ces personnes emportent Ebola avec eux jusque dans leurs milieux d’origine.
S’ajoute à cela le transport des dépouilles mortelles d’Ebola comme un facteur important de propagation, le cas d’une femme décédée d’Ebola en Ituri dont le corps a été acheminé à Kisangani, occasionnant l’apparition des premiers cas de la MVE dans la province de la Tshopo.S’agissant de la traçabilité de l’infection, 21 laboratoires sont rendus opérationnels dans les zones affectées au lieu d’un seul jusque-là disponible. L’on peut mesurer à ce niveau la profondeur du gouffre logistique où on était. Maintenant, nous attendons le déploiement urgent de laboratoires mobiles. Suma Minu